La Peste d’Albert Camus

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Chronique invitée de Marwen, « La Plume d’un enfant du siècle »

La Peste, allégorie du mal

Dans une lettre au cours de laquelle il répondait à Roland Barthes et à sa critique acerbe de La Peste, Albert Camus écrit : «la terreur en a plusieurs [de visages], ce qui justifie encore que je n’en aie nommé précisément aucun pour pouvoir mieux les frapper tous». D’emblée Camus nous invite donc à voir dans la maladie qui frappe Oran une allégorie de la terreur, du mal. Cette portée multiple de l’œuvre de Camus a permis à de nombreux observateurs de voir dans La Peste un roman intemporel qui peut décrire les différents fléaux frappant les sociétés. D’aucuns ont évoqué le roman au moment de la catastrophe de Fukushima par exemple.

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La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt

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1. Un manifeste contre le manichéisme

Chacun de nous conviendra qu’il détient une part de mal, souvent en puissance. Mais peu tolèrent le fait d’être comparé au dictateur du Troisième Reich.
Eric-Emmanuel Schmitt bouscule les convenances en mettant en parallèle la vie du dictateur Hitler et la vie de son double uchronique Adolf H. Le moins que l’on puisse dire est qu’au fur et à mesure de la lecture, ce récit s’avère dérangeant, plus justement, les sensations que l’on ressent à la lecture sont dérangeantes, un livre que l’on préfère lire seul, caché de tous, de peur que quelqu’un ne devine que l’on se découvre certains points communs avec celui que l’on préfère qualifier de monstre. Lire la suite

Le Procès de Franz Kafka

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Cette réflexion a été faite à partir de l’œuvre Le Procès de l’édition folio classique, préface de Claude David.

L’isolement moral de Joseph K :

L’aspect qui a attiré mon attention dès le début du roman est l’atmosphère lourde et étouffante dans laquelle vit Joseph K.
En effet, on peut observer la récurrence des réflexions du narrateur sur la difficulté qu’éprouve le protagoniste à demeurer dans un endroit où « l’air est trop épais », « si lourd et oppressant », « à peine respirable ».
Mon hypothèse tient en ce que Joseph K. éprouve les effets de sa « condamnation », alors même que celle-ci ne sera jamais prononcée. Lire la suite