Sur les Chemins Noirs de Sylvain Tesson

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L’avis de la Plume Baroque :

 » Certains hommes espéraient entrer dans l’Histoire. Nous étions quelques-uns à préférer disparaître dans la géographie « .
S.T.

C’est avec un certain soulagement que j’ai débuté la lecture de ce livre, le soulagement de pouvoir encore lire de nouvelles oeuvres de Sylvain Tesson. Si certains ne le savent pas encore, notre auteur baroudeur est tombé d’un toit et a frôlé la mort, en 2014. Le voir marcher et écrire à nouveau est donc, pour le fan que je suis, une véritable satisfaction.

Le corps en lambeau, amoindri, Sylvain Tesson a fait le choix d’une rééducation physique digne de sa vie. Tandis que certains s’apitoient du piteux état de leurs membres, notre voyageur au long cours décide quant à lui de traverser la France, à pied.

L’objectif était multiple. Retrouver des forces, retrouver le corps qui lui a permis tant de périples à travers le monde et plus particulièrement en terre soviétique. Traverser son propre pays, parcourir les terres de la France quand seules les pérégrinations étrangères trouvaient auparavant grâce à ses yeux.

Comme tout bon livre de voyage qui se respecte, « Sur les Chemins Noirs » débute par une carte. Celle-ci nous permet de découvrir l’itinéraire de Sylvain Tesson, un itinéraire défini avec justesse.

Ainsi, l’autre objectif de ce voyage était de parcourir la France oubliée, les territoires laissés de côté par la folie de ce monde, les chemins noirs dénommés par Sylvain T. et les territoires de l’hyper-ruralité pour l’administration française.

Du Mercantour au Cotentin, Sylvain Tesson nous retrace quelques éléments de son voyage, de sa rééducation, de sa quête pour accéder à une nouvelle forme physique. Loin de l’agitation urbaine, il constate avec dépit l’impact de l’Homme sur l’environnement et sur la beauté des paysages, les chemins noirs se faisant de plus en plus rare en France comme dans la plupart des pays dits « développés ».

La plume et le style de l’auteur demeurent admirables. Mon seul regret réside uniquement dans la taille du livre : moins de 150 pages. J’aurais aimé y retrouver davantage de descriptions, de réflexions sur l’aménagement du territoire ou d’envolées littéraires sublimant la nature et l’esprit de liberté. Les livres de Sylvain Tesson sont prodigieux au point de ne jamais vouloir qu’ils s’arrêtent.

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Résumé de l’éditeur (Editions Gallimard) :

Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
S.T

Découvrez notre précédente chronique sur « Bérézina » de Sylvain Tesson.raccoon-nico

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3 réflexions sur “Sur les Chemins Noirs de Sylvain Tesson

  1. « Les livres de Sylvain Tesson sont prodigieux au point de ne jamais vouloir qu’ils s’arrêtent. » Tout est dit, je ressens la même chose, j’ai dévoré ce livre en quelques heures, du Tesson = du bonheur.
    Merci pour cette chronique à la hauteur de cet auteur. 🙂

    Aimé par 1 personne

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