Un amour impossible de Christine Angot

un amour impossible christine angot visuel image flammarion pochette couverture

L’avis de la Plume Baroque :

Pierre et Rachel se rencontrent lors d’un été à Châteauroux dans les années 1950, l’amour est immédiat, le désir passionné. Bien consciente du refus de l’engagement de Pierre, Rachel accepte d’avoir un enfant de lui, de leur union naîtra Christine.
Mais Pierre, sorti de cette bulle estivale, ne compte pas reconnaître l’enfant, ses lettres s’amenuisent et ses visites se font rares.

Un amour impossible nous décrit, au-delà de l’histoire de Pierre et Rachel, la relation de Christine et de sa mère. Cette relation, fusionnelle dans la petite enfance de la jeune fille, se dégrade petit à petit. Christine, adolescente, admire ce père qu’elle ne voit qu’une fois par an durant une courte période, elle admire ses connaissances, sa culture, son éducation.
Rachel, semblant partager les inclinations de sa fille, ne semble éprouver aucune jalousie relative à cette soudaine complicité, mais tente simplement de comprendre les nouvelles attentes de sa fille.
Christine, de retour après une semaine catastrophique chez son père, confie à un ami de sa mère la douloureuse tâche de lui annoncer, que Pierre, son père, la sodomise depuis des années.

Le style du roman de Christine Angot est simple, sans fioritures, et cette simplicité m’a semblé être un choix de l’auteure. La plume est dénuée de tous les ornements de la langue pour laisser place à la sincère confession de la narratrice qui tente de retranscrire, le plus fidèlement possible, son récit de vie.
J’ai apprécié cette authenticité qui laisse ressortir, de manière poignante, la tragique nouvelle du roman.

J’ai également apprécié la description de la rencontre, de l’amour de Pierre et Rachel, qui ne placent pas directement l’homme comme fondamentalement mauvais. Loin de se vouloir manichéen, le roman permet au lecteur de s’attacher à lui, et découvre, de ce fait avec la même stupéfaction que la mère de Christine, la part d’ombre diabolique de ce père absent.

Je reste toutefois partagée sur ce roman de la rentrée littéraire 2015, car le témoignage simple et authentique que j’avais trouvé plaisant au début de ma lecture se dissipe peu à peu pour laisser place, comme je le redoutais, à une volonté de donner un nouveau souffle à l’histoire, une seconde lecture, presque analytique, qui selon moi altère la confession initiale.

couverture un amour impossible de Chritine Angot edition flammarion

L’avis de l’éditeur (Flammarion) :

Pierre et Rachel vivent une liaison courte mais intense à Châteauroux à la fin des années 1950. Pierre, érudit, issu d’une famille bourgeoise, fascine Rachel, employée à la Sécurité sociale. Il refuse de l’épouser, mais ils font un enfant. L’amour maternel devient pour Rachel et Christine le socle d’une vie heureuse. Pierre voit sa fille épisodiquement. Des années plus tard, Rachel apprend qu’il la viole. Le choc est immense. Un sentiment de culpabilité s’immisce progressivement entre la mère et la fille. Christine Angot entreprend ici de mettre à nu une relation des plus complexes, entre amour inconditionnel pour la mère et ressentiment, dépeignant sans concession une guerre sociale amoureuse et le parcours d’une femme, détruite par son péché originel : la passion vouée à l’homme qui aura finalement anéanti tous les repères qu’elle s’était construits.

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6 réflexions sur “Un amour impossible de Christine Angot

  1. A reblogué ceci sur Gunnar Sewellet a ajouté:
    Goodreads:
    « Les gens veulent l’amour conjugal, Rachel, parce qu’il leur apporte un
    bien-être, une certaine paix. C’est un amour prévisible puisqu’ils
    l’attendent, qu’ils l’attendent pour des raisons précises. Un peu ennuyeux,
    comme tout ce qui est prévisible. La passion amoureuse, elle, est liée au
    surgissement. Elle brouille l’ordre, elle surprend. Il y a une troisième
    catégorie. Moins connue, que j’appellerai… la rencontre inévitable.– Pour
    toi, notre rencontre, elle appartient à quelle catégorie ? »Pierre et
    Rachel vivent une liaison courte mais intense à Châteauroux à la fin des
    années 1950. Pierre, érudit, issu d’une famille bourgeoise, fascine Rachel,
    employée à la Sécurité sociale. Il refuse de l’épouser, mais ils font un
    enfant. L’amour maternel devient pour Rachel et Christine le socle d’une
    vie heureuse. Pierre voit sa fille épisodiquement. Des années plus tard,
    Rachel apprend qu’il la viole. Le choc est immense. Un sentiment de
    culpabilité s’immisce progressivement entre la mère et la fille.Christine
    Angot entreprend ici de mettre à nu une relation des plus complexes, entre
    amour inconditionnel pour la mère et ressentiment, dépeignant sans
    concession une guerre sociale amoureuse et le parcours d’une femme,
    détruite par son péché originel : la passion vouée à l’homme qui aura
    finalement anéanti tous les repères qu’elle s’était construits. »

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