Lorsque j’étais une oeuvre d’art d’Eric-Emmanuel Schmitt

David de Michel Ange art sculpture Florence

L’avis de la Plume Baroque : 

Avec l’envie de découvrir les œuvres d’Eric-Emmanuel Schmitt, j’ai trouvé un peu par hasard ce livre qui avait tout pour ressembler à un ovni littéraire, un récit moral traitant de l’art contemporain. 

L’Histoire débute par une tentative de suicide d’un jeune homme au bord du gouffre. Ayant deux frères jumeaux réputés et célébrés pour leur beauté à travers tous les médias, il souffre de son inexistence et de son manque de talent. Il va pourtant être sauvé par un homme, un artiste extravagant mondialement connu, qui va lui proposer une offre des plus originales et des plus immorales.

Ainsi, il va lui proposer de se faire passer pour mort, de céder son corps à l’artiste et d’abandonner son droit le plus pur, celui de jouir de son existence. Il va devenir une oeuvre d’art vivante, la dernière trouvaille de l’artiste Zeus-Peter Lama. Après des heures de chirurgie, il devient Adam bis, une oeuvre qui appartient désormais à son concepteur.

 » Il est victime de notre époque. Ou plutôt du discours que notre époque tient sur elle-même. On nous dit que l’apparence est importante, nous propose d’acheter des biens et des services qui changent ou améliorent notre apparence […]. Je suppose qu’Adam, comme tant d’autres, est tombé dans ce piège.  »

Si Adam bis reprend goût à la vie par le biais de sa soudaine célébrité, il va toutefois peu à peu souffrir de sa nouvelle existence. Il n’est plus un homme mais seulement une oeuvre que les gens regardent. Ils l’admirent mais ils ne tolèrent pas qu’il existe, c’est une oeuvre, il n’a donc pas le droit de penser, d’agir comme bon lui semble. Il doit se contenter de poser, de satisfaire son public et d’abandonner tout espoir de jouir de sa nouvelle condition.

Le récit traite de façon intelligente cette situation inédite qui va mener notre oeuvre, Adam bis, à se rebeller contre son  » bienfaiteur  » et créateur, mais comment jouir de sa liberté quand toutes les preuves montrent qu’il n’est plus qu’un objet aux yeux de la Loi?

Ce livre fut un véritable coup de cœur tant j’ai apprécié cette lecture brève mais intense. Un court récit qui traite de thématiques pertinentes comme de la décadence de notre société superficielle et d’apparence. J’ai particulièrement aimé le fait de ne jamais savoir à quoi ressemble Adam bis, l’auteur cachant à chaque moment ces transformations, nous permettant, jusqu’à la fin, d’imaginer seulement à quoi il pourrait ressembler. Chacun aura alors le loisir de se créer sa propre oeuvre d’art vivante, de s’émouvoir de son sort et d’être attaché à la quête qu’il mène pour retrouver sa condition humaine.

Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel Schmitt - couverture édition le livre de poche

Résumé de l’éditeur (Le Livre de Poche) :

Lorsque j’étais une oeuvre d’art est un livre sans équivalent dans l’histoire de la littérature, même si c’est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d’un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en oeuvre d’art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n’est plus qu’un corps sans âme entre les mains d’un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.

Si vous souhaitez découvrir notre précédente chronique de cet auteur sur  » La part de l’autre « , c’est ici ! 🙂

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4 réflexions sur “Lorsque j’étais une oeuvre d’art d’Eric-Emmanuel Schmitt

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