Frankenstein de Mary Shelley

image du film Frankenstein

L’avis de la Plume Baroque :

Victor Frankenstein est recueilli par le narrateur initial sur un bateau en direction du Pole Nord, l’occasion pour cet homme épuisé de révéler le secret qui le tourmente. Victor Frankenstein est en effet le créateur d’une nouvelle espèce, monstrueuse, qu’il aimerait plus que tout voir disparaître, mais sa créature ne lui permet pas de vivre en paix, et décide de semer la mort autour de lui tant que son créateur refusera de lui donner une femme.

Frankenstein a sans doute eu plus de spectateurs que de lecteurs, et la créature a totalement évincé son auteur dans la mémoire collective.
Cette lecture a été pour moi une surprise, et ce, sous différents aspects.
Tout d’abord, le roman livre évidemment au lecteur la vie du monstre, mais surtout le supplice de son créateur, qui ne peut mener une vie paisible sous la menace permanente de cette vie qu’il a crée et qui le poursuit.
Ma deuxième surprise concerne le monstre, car s’il est décrit comme vengeur et assassin, le lecteur comprend bien vite qu’il n’est ni dépourvu d’intelligence, ni de sentiments, et c’est précisément la conscience de sa difformité, de sa différence et de sa solitude qui l’amène à faire une demande des plus légitimes à son créateur, celle de lui donner une femme, un monstre comme lui, une seule personne en ce monde qui ne le rejetterait pas comme la race humaine.

Mais Victor Frankenstein refuse de donner satisfaction à sa création, lui-même horrifié par ce monstre, il craint les conséquences de l’association de deux créatures. C’est précisément ce refus, qui, enterrant Frankenstein dans la plus grande solitude, éveillera sa folie vengeresse et sèmera le malheur dans la vie du scientifique.
Dès lors s’ouvre une série de meurtres dans le cadre familiale et amicale de Victor Frankenstein, qui, prévenu des conséquences de son refus, vit dans la tourmente et l’attente d’un nouveau malheur.

(Attention Spoiler)

Le livre se clôt sur le décès de Victor Frankenstein et la dévastation de sa créature, qui, en voyant ses espoirs mourir avec son créateur, voit également disparaître la personne qu’il aimait le plus, prouvant une nouvelle fois qu’il ne ressemble pas au monstre traditionnel, mais que derrière ces meurtres se cachaient un cœur, une âme et un besoin de partager cette solitude qui lui a été imposée par sa condition.

Frankenstein de Mary Shelley  Pocket édition - couverture

Résumé de l’éditeur (Pocket) :

16 juin 1816. L’orage gronde. Dans une ville caché au milieu des arbres, sur les bords riants du lac de Genève, une petite société s’ennuie. Il y a deux poètes, Byron et Shelley, leurs compagnes, Claire et Mary, un médecin, Polidori. On se raconte d’horribles histoires, selon la mode du temps. On décide même d’en écrire. Dans la nuit, la jeune Mary – elle n’a pas encore dix-neuf ans – ne peut dormir : elle rêve d’un hideux fantasme d’homme ». Quelques jours plus tard naissent Victor Frankenstein et sa créature. Récit d’une inquiétante nouveauté, vite porté à la scène, très souvent ensuite à l’écran. Devenu si mythique que, dans l’esprit du public qui a oublié Mary Shelley, le créateur et sa créature se sont confondus.

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3 réflexions sur “Frankenstein de Mary Shelley

  1. Excellent résumé ! C’est l’un des « classiques » qui m’a le plus surpris. Le monstre de Frankenstein est tellement, tellement différent de l’image qu’a pu lui coller le cinéma ! Et l’écriture de Mary Shelley est vraiment belle.

    Aimé par 1 personne

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