Anna Karénine de Léon Tolstoï

film Anna Karénine

L’avis de la Plume Baroque :

J’attendais depuis quelques mois de me trouver dans les meilleures dispositions pour débuter Anna Karénine, et je ne regrette pas d’avoir choisi cette période de vacances hivernales pour m’attaquer à ce chef-d’œuvre de la littérature russe dans lequel Tolstoï nous entraîne dans le Moscou et le Saint-Pétersbourg du XIXème siècle.
Si le roman dresse évidemment le portrait de la protagoniste Anna, son histoire est également l’occasion pour l’auteur de faire une esquisse de le mentalité russe et notamment des mœurs de la société pétersbourgeoise de son siècle.

Tolstoï offre à son lecteur un microcosme de la haute société russe, montrant ainsi la situation de femme perdue d’Anna aux yeux de celle-ci.
Anna est la femme d’Alexis Karénine, membre du Parlement, Lors d’un bal organisé par les Stcherbatskï, elle danse avec le comte Vronski, de qui elle devient l’amante. L’idylle des jeunes gens devient vite l’attraction principale du tout Saint-Pétersbourg, mais cette passion outrepasse les frontières du simple flirt, Anna quitte son mari, sa vie, sa situation et sacrifie tout au comte Vronski, commence alors la descente aux Enfers de la jeune femme.
Anna sera rejetée par tous, mais si elle souffrira de sa situation de pestiférée, c’est surtout l’attitude du comte qu’elle condamnera, lui reprochant de la laisser périr dans sa solitude en profitant de cette société qui la méprise tant.
En parallèle, le lecteur rencontre Constantin Dmitrich Lévine, amoureux de la princesse Kitty Stcherbatska, qu’il épousera. Les deux jeunes gens semblent s’opposer au couple d’Anna et de Vronskï, la grandeur morale de Lévine et le bonheur pur du couple intensifient la situation fautive du comte et d’Anna.
Rejetant la grande ville, la société et les mœurs d’une minorité noble et puissante peu représentative du peuple russe, Lévine s’intéresse à la condition paysanne, à la légitimité de sa situation, à la valeur morale de sa vie, et se trouve être, par toutes ses considérations, le personnage le plus profond du roman.

Si Anna est fautive aux yeux de la société, elle n’en est pas moins pour le lecteur une femme entière, incapable de mensonge et d’artifice, sacrifiant sa situation sociale à son besoin de vérité qui la pousse à quitter son mari après lui avoir avoué son amour pour Vronskï.

Le roman de Tolstoï est également une œuvre de transition, témoignage de la chute de l’Ancien régime et de l’émergence d’une unité, d’une conscience russe, dénonçant la détention du pouvoir par une minorité, rentière et ignorante des conditions de travail et de vie des ouvriers russes.
La notion de propriété y occupe une place importante, à travers les terres de Lévine travaillées par les paysans, ainsi qu’à travers le Zemstvo auquel il refuse de participer.
Vronskï y insère également l’idée d’industrialisation qui se concrétisera avec l’empereur Alexandre III.

La densité du roman est nécessaire au lecteur et lui permet de s’imprégner des mœurs de la société russe du XIXème siècle, dont les préoccupations et les mentalités diffèrent des nôtres.

Je n’ai pu faire qu’une brève esquisse de ce vaste et riche ouvrage qui a été pour moi un coup de cœur, et me donne envie de me lancer dans l’autre chef-d’œuvre de Tolstoï, Guerre et Paix.

Anna Karénine de Léon Tolstoï - édition livre de poche

Résumé de l’éditeur (livre de poche) :

Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.
Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.
Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.
Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

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15 réflexions sur “Anna Karénine de Léon Tolstoï

  1. Ce que j’avais aimé ce roman ! J’ai été surprise d’y trouver finalement un récit passionnant, aussi bien avec le récit Karénine que celui de Lévine. J’ai bien aimé également, dans un sens, découvrir que Tolstoï montre finalement l’injustice que vit Anna par rapport à son frère. Tous deux adultères, l’un en réchappe sans trop de dommages alors que l’autre finit par se suicider, acculée par la honte et l’abandon.

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