Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

Empereur Hadrien

L’avis de la Plume Baroque :

Le roman de Marguerite Yourcenar se présente sous forme d’une lettre de l’empereur Hadrien à son petit-fils adoptif Marc-Aurèle. Poussé dans le précipice de la mort par la maladie qui se fait de plus en plus violente, cette lettre recèle non seulement les préconisations de l’empereur à son successeur, mais s’avère également exutoire en lui permettant d’y confier ses souvenirs et son expérience.

Marguerite Yourcenar signe ici un roman de longue haleine, le roman d’une vie, qui ne manque pas de témoigner de la richesse de l’écriture de l’auteure autant que du long travail de recherche et de composition qui a du être mené.
Loin de prétendre au travail d’historienne, la lecture des Mémoires d’Hadrien manifeste néanmoins le respect des faits historiques.
Du reste, l’auteure a su mener les réflexions qui auraient pu être faites par l’empereur et desquelles découlent ses faits d’armes, ses histoires de vie et ses décisions.

Bien connu pour sa fonction d’empereur, Hadrien l’est moins pour son goût de l’art, de la poésie, de la littérature, mais également pour sa philosophie de pensée, merveilleusement déployée dans ce roman par l’auteure dont le style fait écho à cette inclination.
Le lecteur découvre l’enfance du successeur de Trajan en Espagne, avant de s’intéresser à son parcours politique puis à la consécration de cette carrière par Trajan, qui fait d’Hadrien le XIVème empereur romain.
La frontière temporelle disparaît non seulement grâce au style de Marguerite Yourcenar, qui bien qu’érudit, laisse aisément percevoir l’idée qu’elle souhaite transmettre à son lecteur, mais également grâce à l’empereur lui-même, moderne, avant-gardiste, humaniste, dénotant de l’idéologie belliqueuse de ses contemporains, il place le lecteur dans une atemporalité qui détruit les barrières qui auraient pu altérer sa lecture.
On y découvre encore la création de la ville d’Antinoé par Hadrien, et l’amour de l’empereur pour son favori disparu tragiquement au bord du Nil et qui se trouve être à l’origine de cette cité.

Le roman de Marguerite Yourcenar est un précieux hybride, entre histoire, littérature et philosophie, tous les outils utilisés par l’auteure sont déployés à la perfection pour offrir au lecteur un chef-d’œuvre qui saura satisfaire tous les domaines de sa pensée.

En définitive, je ne peux que conseiller ce livre, en vous invitant à ne pas être rebuté par la période lointaine et trop peu connue de l’empereur Hadrien !

Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar - folio livres
Résumé de l’éditeur (folio) :

« J’ai formé le projet de te raconter ma vie. » Sur son lit de mort, l’empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner « audience à ses souvenirs ». Très vite, le vagabondage d’esprit se structure, se met à suivre une chronologie, ainsi qu’une rigueur de pensée propre au grand personnage. Derrière l’esthète cultivé et fin stratège qu’était Hadrien, Marguerite Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dualité déroutante du corps et de l’esprit, le sacré, l’amour, l’art et le temps. À l’image de ce dernier, ce « grand sculpteur », elle taille, façonne, affine avec volupté chacun des traits intérieurs du grand homme à qui elle fait dire : « Je compte sur cet examen des faits pour me définir, me juger peut-être ou tout au moins pour me mieux connaître avant de mourir. »

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