Nadja d’André Breton

12185757_1752730844958083_87547527_o (1)

L’avis de la Plume Baroque :

Nadja est un récit autobiographique d’une partie de la vie de l’auteur, sa rencontre avec une femme qui se surnomme elle-même Nadja, surnom signifiant le commencement du mot « espérance » en russe.
Breton y relate leur relation, ambiguë, par le biais d’histoires vécues au jour le jour.

Chef de file du surréalisme, Nadja en est sans doute l’un des grands chefs-d’œuvre.
Le ton y est neutre, presque descriptif, sans émotion, laissant transparaître l’inimitié de l’auteur pour ces écrivains cherchant à susciter la sensibilité du lecteur.
Ces descriptions que Breton s’efforce de rendre neutres cachent une autre réalité, celle de l’inconscient, qu’il recherche à travers ce style révolutionnaire, mais également sans doute par le biais cette jeune femme qu’il vient de rencontrer et qui fait écho à ce désir, Nadja.

Nadja y est décrite comme un génie, entre médium, artiste et âme errante, elle reste un mystère pour le lecteur, mais également pour l’auteur, car si Breton dit ne pas l’aimer, il s’ennuie sans elle.
Cette relation ambiguë n’est elle aussi, que purement décrite, les faits, tels qu’ils se sont déroulés, sont posés sur papier, s’abstenant de toute effusion sentimentale.

Malgré le style éminemment littéraire, maîtrisé, presque poétique et bien qu’attachant habituellement plus d’importance à ce style qu’à l’histoire elle-même, je n’ai pas su entrer pleinement dans l’œuvre pour diverses raisons.
Tout d’abord, l’opacité volontaire des sentiments et de tout jugement porté sur l’histoire tels que l’on peut les trouver dans les œuvres romantiques a été pour moi un frein, j’ai constamment été au bord du précipice, sans toutefois y avoir été pleinement emportée.
En outre, ce désir si vif de l’auteur de ne pas laisser transparaître la moindre émotion altère en quelque sorte le sens de sa recherche d’une réalité inconsciente dans la mesure ou la recherche du style contrevient selon moi d’une certaine manière à la manifestation spontanée de l’inconscient.

Toutefois, ces quelques réticences que j’émets sont sans doute à attribuer à mon affection toute particulière pour les œuvres romantiques, m’empêchant de rompre avec cette tradition pour entrer pleinement dans un style nouveau.

En définitive, je conseille ce livre, qui bien que ne faisant pas toujours l’unanimité, reste un incontournable de la littérature française !

Nadja - André Breton (Folio livres)

Résumé de l’éditeur (folio) :

«J’ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l’air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s’attacher, mais qu’il ne saurait être question de se soumettre. J’ai vu ses yeux de fougère s’ouvrir le matin sur un monde où les battements d’ailes de l’espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n’avais vu encore que des yeux se fermer.»

Publicités

4 réflexions sur “Nadja d’André Breton

  1. Livre lu également en terminale pour le bac. J’ai vraiment du mal avec le surréalisme, mon esprit doit vraiment être trop « carré » ! Comme toi j’ai eu du mal à entrer dans cette oeuvre, il me manquait quelque chose.
    J’avais lu aussi « L’Amour fou » mais même ressenti…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s