Soie d’Alessandro Baricco

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L’avis de la Plume Baroque :

« Soie » retrace la vie du français Hervé Joncour. Sériciculteur de la ville de Lavilledieu par un hasard qui le détourna d’une carrière militaire à laquelle son père l’avait destiné, le jeune homme est désigné pour entreprendre un voyage au Japon afin d’acheter des œufs de vers à soie lorsque ceux provenant d’Europe sont atteints d’une étrange maladie et empêchent l’activité de prospérer.
L’histoire se déroule aux environs des années 1860 sur le chemin de la soie, entre la France et le Japon.

Alessandro Baricco nous fait partager le quotidien d’un homme ordinaire, passif, spectateur de son destin.
La narration fait écho à la vie du protagoniste, la répétition de certains passages montrant le temps qui passe et la contingence des événements avec de petites nuances à chaque voyage, comme une mélodie répétitive accentuée par de légères variations rythmiques.
Le procédé de l’auteur est ingénieux et permet au lecteur de se familiariser avec ces bribes de vie tout en suivant l’évolution tout juste perceptible d’Hervé Joncour grâce à cette mystérieuse femme.

Récit d’un amour sans paroles, d’un amour sans nom tissé par un fil de soie.
Cette japonaise, il ne la verra que lors de ses quatre voyages au pays du Soleil-Levant, mais elle lui écrira, et c’est cette encre noire qui sera la clé de ce bouleversant dénouement.
Il ne lui parlera jamais, ne connaîtra pas son nom, elle ne vivra en lui qu’à travers des effleurements, des regards et ces quelques mots qu’il est incapable de déchiffrer.
L’auteur nous invite à réfléchir sur la cristallisation d’un amour non-consommé, envahissant, fait de désir permanent.

Ce récit m’a également permis de m’interroger sur le rôle de la distance, une distance de quelques mois et de milliers de kilomètres qui ouvre le champ des possibles à Hervé Joncour.
Deux civilisations opposées, deux mondes opposées, deux femmes opposées, la puissance de cette passion est-elle due à tant de changements ?

Le protagoniste promet à sa femme de revenir, et cette dernière veillera de façon peu commune à ce qu’il honore sa promesse.

En définitive, je conseille ce livre, beau, limpide et pur à tous les adeptes de belles plumes.
Si je ne partage pas l’engouement général de la plupart des lecteurs de « Soie », j’ai passé un très agréable moment en sa compagnie.

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Résumé de l’éditeur (folio) :

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

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9 réflexions sur “Soie d’Alessandro Baricco

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