A marche forcée de Slavomir Rawicz

055872-000-A_wayback_03-1432694882625

L’avis de la Petite Plume :

Si je devais choisir quelques livres afin d’exprimer et expliquer ma passion pour la lecture, je prendrais à coup sur  « A marche forcée » de Slavomir Rawicz. Mis à part mes auteurs fétiches tels que Jack London, Jules Verne, J. R. R. Tolkien ou Sylvain Tesson, les livres que j’affectionne tout particulièrement parlent de voyage, d’Histoire et de récits de vie.

Dans ce livre, ces trois éléments sont rassemblés dans une aventure homérique de quelques hommes qui, fait prisonniers pour de sombres raisons par les soviétiques, se retrouvent à braver les affres du froid et de la faim pour rejoindre un camp, au fin fond de la Sibérie, puis de s’évader, en sens inverse.

A marche forcée est le récit de quelques hommes qui ont fait le choix de ne pas subir un jugement faussé, une peine de plusieurs dizaines d’années à travailler dans des conditions loin d’être acceptables, des hommes qui ont parcouru plusieurs milliers de kilomètres à pied, démunis, pour recouvrir leur liberté. Mais la liberté a un prix.

Difficile de réaliser un résumé de ce livre tellement son contenu est riche. L’auteur débute par d’atroces scènes de tortures subies dans le but de valider de faux aveux, nécessaires à sa condamnation. La soif de vivre de cet homme le fera résister jusqu’au bout ce qui ne l’empêchera pas de recevoir 25 ans de travaux forcés en Sibérie, dans un camp qu’il faut rejoindre en wagon à bestiaux, puis à pied, enchaînés les uns aux autres, dans un froid sibérien où les corps des plus faibles s’amoncellent dans un silence de glace.

Arrivés au camp 303, les hommes doivent construire leur propre baraquement, se faire aux habitudes du camp et déjà penser à s’évader pour rester vivant. Une fois le plan établi, l’équipe de braves formée, Slavomir bénéficiera d’une aide inespérée qui facilitera la tenue du projet fou de traverser la Sibérie, largement sous équipé.

Je ne m’étendrai pas sur la suite de l’aventure et je vous laisserai découvrir le voyage rocambolesque de quelques hommes et d’une femme, voyage pour la liberté et pour la vie, pour ne pas renoncer à son identité et à sa soif de vivre. Un voyage qui nous fera découvrir le lac Baïkal, la Mongolie, le terrible désert de Gobi, le Tibet et les montagnes de l’Himalaya.

Avec comme leitmotiv : « Aller de l’avant », Ce livre est un hommage à la liberté, valeur outrepassant la faim, les douleurs voire même la mort. « A marche forcée » est un hommage rendu aux évadés des camps, aux courageuses personnes qui sont souvent mortes pour préserver le peu de dignité que les soviétiques ne leur avaient pas encore enlevée.

J’ai aimé plus qu’il n’est raisonnable de le dire le périple de Slavomir Rawicz. A savoir si cela est une histoire vraie ou montée de toute pièce, je ne peux l’affirmer malgré les soupçons qui pèsent sur ce récit. Ce livre n’en reste pas moins une référence en la matière et offrira à chacun une très belle expérience de vie et de lecture.

En complément de cet ouvrage, je conseille fortement « Aussi loin que mes pas me portent » de J.M. Bauer, autre histoire passionnante d’évasion de l’extrême Nord Est de la Sibérie vers l’Allemagne. « L’axe du loup » de Sylvain Tesson se trouve également être un bon moyen d’approfondir le sujet car l’écrivain baroudeur a souhaité refaire à pied, en vélo et à cheval le chemin suivi par les évadés de Sibérie avec comme ouvrage de référence : « A marche forcée ».

51crrJLPFLL._SX329_BO1,204,203,200_

Résumé de l’éditeur (éditions Libretto) :

Hiver 1941. Concevoir l’impossible et refuser que d’autres choisissent pour vous une mort lente. Décider l’évasion en dépit de toute raison… Après avoir parcouru plus de 4000 kilomètres en wagon plombé ou parfois pieds nus dans la neige pour rejoindre un camp au fin fond de la Sibérie, un groupe de prisonniers décide, la mort aux trousses, de faire le chemin dans l’autre sens. Pour ces hommes, fuir cet enfer de glace ne sera que le début d’une aventure extrême : une autre façon de risquer sa vie…

« Ce n’est pas de la littérature, c’est peut-être mieux que ça. » Nicolas Bouvier

Polonais né à Pinsk, officier de cavalerie en 1939, Slavomir Rawicz est fait prisonnier par les Soviétiques dès les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale et sera envoyé dans l’un des camps les plus durs d’URSS. Il est décédé en Angleterre en 2004. Son chef-d’œuvre, A marche forcée, a été adapté au cinéma par Peter Weir sous le titre Les chemins de la liberté.

Publicités

9 réflexions sur “A marche forcée de Slavomir Rawicz

    1. J’ai aussi fait l’inverse en lisant d’abord l’axe du loup mais j’ai du coup envie de le relire 🙂 « Dans les forêts de Sibérie » est un de mes livres de référence. Le recueil de nouvelles  » une vie à coucher dehors » du même auteur est aussi une belle trouvaille !

      J'aime

  1. Un titre que j’ai envie de découvrir depuis longtemps, et vous relancez ma curiosité. J’avais vu « Les chemins de la liberté », et j’ai lu « L’axe du loup », qui m’a passionnée. Je l’avais refermé avec une furieuse envie de sauter dans mes chaussures de randonnée. Il va falloir que je lise celui-ci puisqu’il est à l’origine des autres oeuvres.

    Aimé par 1 personne

  2. Le film m’avait bien plu. On se sent porté par le désir de liberté des personnages, on souffre avec eux pendant leur marche (il faut dire que je m’identifie facilement) et les paysages étaient superbes, en particulier dans le désert de Gobie et le Tibet.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, en soi, le chemin suivi nous fait traverser toutes sortes de paysages magnifiques..Même si je doute que les évadés avaient vraiment le temps de profiter de l’environnement, le ventre vide, les organismes poussés à bout et la peur d’être repris toujours présente

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s