Trois grands fauves d’Hugo Boris

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Premières impressions :

J’ai pris en main ce livre pour sa couverture et son titre : « Trois grands fauves ». Illustre adepte des félins, le résumé fait pourtant allusion à Danton, Victor Hugo et Winston Churchill, les trois grands fauves du roman en question. Je me suis toutefois demandé comment il était possible de faire allusion à ces trois personnages historiques et hétéroclites dans un court roman de moins de deux cents pages.

Présentation de l’oeuvre :

Hugo Boris a fait le choix de nous présenter des morceaux de vie de ces trois hommes, des moments clés qui ont fortement influencé leur existence d’une manière ou d’une autre. Le lien entre ces trois héros? La vie mais surtout la mort. Le récit est divisé en trois parties, chacune correspondant à un personnage.

De Danton, l’auteur nous raconte sa rude jeunesse, les coups et maladies subis forgeant un visage laid et marquant. Il nous décrit le jeune homme devenu grand et puissant, parti vers Paris à 21 ans faire carrière, celle-ci changeant de direction lorsque la révolte et la révolution grondent. Orateur de talent, l’auteur nous dévoile un Danton passionné qui ira jusqu’à déterrer sa femme, morte en couche, afin qu’un sculpteur puisse en faire un moule et ainsi l’admirer à tout jamais. Accusé à mort, Danton doit passer au « rasoir national », fin tragique d’un homme qui a incarné l’esprit révolutionnaire et qui l’a porté jusqu’à son paroxysme, fin mémorable qui se termine par une citation devenue célèbre : « N’oublie pas, surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple, elle est bonne à voir ».

Concernant le vénérable Victor Hugo, Hugo Boris s’est focalisé sur l’événement tragique qui aura bouleversé toute la vie de l’auteur, la mort de sa fille Léopoldine. Il est ici question du rapport de Victor Hugo avec ses enfants, ses préférences et ses regrets. Nous suivons la famille Hugo à Jersey, dans sa fuite de l’impérialisme Napoléonien, où l’illustre auteur se met à pratiquer le spiritisme, le tout dans le but de dialoguer avec sa fille bien aimée partie trop tôt. Nous faisons connaissance avec Victor Hugo le séducteur, lui qui aura profité de son statut pour attirer de nombreuses femmes, chacune faisant l’objet d’une note dans un cahier personnel. Le récit s’achève sur un père de famille orphelin de ses enfants qui, regrettant son manque d’implication paternelle, va choyer ses petits-enfants et terminer sa vie à leurs côtés.

La dernière partie consacrée à Winston Churchill nous présente un enfant déjà passionné par la guerre se sentant rejeté par son père. Cela n’empêchera pas Winston de devenir un homme fort et un courageux soldat, trompant la mort au milieu des balles, lui, l’homme d’action, de guerre, au front, dans les mortelles tranchées de la première guerre mondiale. L’auteur nous décrit son penchant pour l’alcool et les fameux cigares cubains, symboles du génie militaire que l’on connaît de nos jours. Nous terminons sur la chute de sa vie politique car, une fois la guerre remportée, Winston Churchill ne fut pas choisi par les anglais afin de devenir premier ministre, lui qui aura sauvé d’une certaine manière l’avenir de notre planète.

L’avis de la Petite Plume :

Hugo Boris a quelques fois dans son roman instauré des liens entre ces trois hommes comme la présence de la statue de Danton dans les morceaux de vie de Churchill. Bien que n’ayant pas bien perçu le lien qui pouvait subsister entre ces trois personnages historiques, j’ai aimé prendre connaissance de certains passages de leur vie même si un développement plus conséquent pour chacun n’aurait pas été regrettable.
Un livre que je conseille à toute personne s’intéressant de près ou de loin à l’Histoire. Sa longueur conviendra aux amateurs mais pourra toutefois décevoir les passionnés.

9782266249010

Résumé de l’éditeur (éditions Pocket) :

Danton, Hugo et Churchill : trois survivants qui se sont crus immortels.
Trois hommes qui ont regardé la mort dans les yeux et y ont puisé un appétit immodéré pour la vie.
Trois personnalités cannibales convoquées dans un même roman pour nous nourrir à leur tour. Leurs vies n’appartiennent pas au passé. Elles sont universelles. Entre ces trois grands hommes, une filiation imaginaire se tisse, offrant au lecteur des morceaux choisis de ces vies extraordinaires.

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2 réflexions sur “Trois grands fauves d’Hugo Boris

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