Et rien d’autre de James Salter

James Salter

L’avis de la Petite Plume :

James Salter retrace dans ce roman la vie de Philip Bowman, vétéran de la seconde guerre mondiale, rêvant d’une carrière de journaliste mais embrassant finalement celle d’éditeur.
Le jeune homme découvre l’amour, la vie, mais surtout ses aléas à travers des épreuves que seul le temps lui révélera.

Difficile de rendre hommage par un résumé à cette oeuvre de James Salter qui offre au lecteur une méditation sur la vie, l’importance des souvenirs, le sort des événements.

Le protagoniste n’a rien du héros de roman traditionnel, c’est un homme simple et humble, caractéristiques qui, d’après moi, le rendent si attachant au lecteur en lui permettant de s’y identifier aisément et d’entrer plus intimement dans le récit de sa vie.
Le jeune homme, vétéran de la marine durant la seconde guerre mondiale, découvre petit à petit le monde qui l’entoure, le quotidien, et part en quête d’un idéal qu’il pense avoir trouvé auprès de sa femme Vivian.
Mais les épreuves qu’il va subir le forceront à parfaire son apprentissage de la vie, à s’en remettre à la fatalité sans jamais abandonner un idéal qui se voit remanié par le temps qui passe et l’évolution de notre protagoniste.
Si les conquêtes féminines occupent une place importante dans sa vie, Philip Bowman est à la recherche d’un absolu, ce modèle, voile permanent sur ses pensées : fonder un foyer.
Bien que notre héros n’atteigne pas ce leitmotiv sous-jacent à chacune de ses passions, il n’en perd pas pour autant foi en la vie et se laissera porter par ses aléas.
A la fois acteur et spectateur de son histoire, il sera sans cesse confronté au surgissement incongru du passé, le forçant à méditer sur la contingence des événements et la fatalité contre laquelle rien ne sert de lutter.

J’avoue n’avoir jamais lu James Salter avant de découvrir ce roman et à mon grand tort car j’ai tout simplement été époustouflée par sa narration.
Le point de vue est omniscient, l’auteur usant de force détails sur chacun des personnages, leur donnant forme et épaisseur, le lecteur en apprend beaucoup, parfois en quelques lignes, d’autres fois à travers de plus longs passages, sur le passé, le présent ou encore l’état d’esprit de chacun des passants de ce roman de la vie.
Paradoxalement, l’auteur semble totalement effacé, laissant le soin au lecteur de mettre en images ce qu’il a habilement mis en mots.

En outre, j’ai apprécié le fait de découvrir parallèlement à la vie du protagoniste, celle de son pays, les Etats-Unis d’après-guerre ou comme le résume à la perfection cette phrase du roman : « tout ce qui s’était passé dans le monde en l’espace d’une vie« .

En définitive, ce roman fut une très belle découverte, que je conseille vivement à tous ceux qui souhaitent voyager sur le long fleuve de la vie.

9782757853382

Résumé de l’éditeur (éditions Points) :

« Philip Bowman avait deux obsessions : la littérature et l’amour. D’éblouissements en déceptions, de réussites en échecs, il poursuit un idéal qui sans cesse se dérobe. Devenu un éditeur respecté, il voit les mirages de sa jeunesse s’estomper. Pourtant, Bowman refuse de renoncer. Dans sa quête de lui-même et du bonheur parfait, il grandit et s’invente. ».

Retrouvez sur notre blog une autre chronique de cet auteur avec  » Cassada « .

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5 réflexions sur “Et rien d’autre de James Salter

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