Trilogie maritime – Tome 1 : rites de passage de William Golding

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L’avis de la Petite Plume :

En couverture, le dessin d’une mer agitée, le nom de la série : « Trilogie maritime », l’auteur : « William Golding ». Autant vous dire que j’ai saisi et acheté ce livre sans même lire la quatrième de couverture (ou juste un peu). J’avais adoré « Sa majesté des mouches » et je fus impatient de découvrir un nouvel ouvrage de l’écrivain britannique.

Les débuts du récit ne laissent pas de place à une longue mise en scène. Nous entrons directement dans le vif du sujet avec la première page du journal de bord tenu par le jeune Edmund Talbot, aristocrate anglais amené à conseiller le gouverneur d’une colonie anglaise : l’Australie.

Pour cela, il monte à bord d’un navire à destination du bout du monde lui qui est un terrien, loin de disposer du pied marin. Il tient un journal à propos de sa traversée à la demande de son parrain, aristocrate qui lui a obtenu la position de conseiller, car celui-ci, trop âgé, souhaitait revivre de nouvelles aventures par le biais du récit de son filleul.

Le jeune voyageur désire tout d’abord retranscrire son odyssée jour par jour. Il perd toutefois rapidement le fil du temps au milieu des eaux et fini par ne plus suivre scrupuleusement l’ordre des jours. Edmund Talbot se familiarise petit à petit à la vie en pleine mer, au langage des matelots et aux différentes parties du navire. S’il commence comme d’autres passagers à subir de plein fouet le mal de mer, il prend ses habitudes au gré de son voyage.

Le protagoniste tente de nous immerger dans son aventure en nous décrivant la petite société présente à bord composée d’officiers, de matelots, de migrants et de quelques individus de la haute société britannique ainsi que les scènes de vie de tous ces occupants.

C’est dans la description des passagers que nous en apprenons davantage sur le caractère d’Edmund Talbot. Un personnage que j’ai jugé peu attachant car trop prétentieux au point de se moquer de certains matelots qui n’ont pas connaissance de Galilée, Ptolémée, Copernic ou Kepler alors que lui-même est un novice en matière de navigation marine et de tout ce qui s’y rapporte.

C’est une personne carriériste qui attache beaucoup voire trop d’importance à la naissance des individus et à leur rang social. Il se révèle méprisant, aigre et utilise sans vergogne le nom et le statut de son parrain afin de remettre à sa place le capitaine Anderson qui a pourtant, à bord de son navire, tous les pouvoirs.

L’histoire racontée par Edmund fluctue au gré des activités de la traversée laissant place à des chapitres courts et des chapitres longs. Les jeux d’influence sont ici largement évoqués et nous mènent à l’intrigue principale de ce livre. L’affaire de Monsieur Colley, un prêtre présent à bord qui s’évertue à mettre sur le chemin de la foi les passagers. C’est sans compter un capitaine intransigeant et peu croyant qui humilie à plusieurs reprises le prêtre, autorisant les matelots à le bizuter une fois l’équateur franchi.

Ce moment ainsi que celui l’ayant rendu ivre et débraillé à la vue de tous l’ont plongé dans un mutisme complet et une dépression mortelle. Edmund termine par nous présenter une lettre écrite par ce dernier expliquant sa vision de la traversée de manière pertinente ainsi que tous les événements qui l’ont mener à sa perte.

J’ai finalement été assez déçu par ce livre compte tenu d’une intrigue principale que je n’ai pas jugé très intéressante et d’un protagoniste, Edmund Talbot, peu attachant. Le récit commençait pourtant de la plus belle des manières, le style d’écriture est admirable, l’aspect journal très bien exploité nous plongeant aux côtés des passagers. Toutefois, je n’ai pas été passionné par les personnages présentés et par l’affaire Colley, sujet principal du livre.

Une citation du livre résume assez bien ma frustration à l’issue de cette lecture quand Edmund Talbot finit par résumer son premier journal de bord : «  j’ai fini par écrire une sorte de récit maritime sans jamais une tempête, sans naufrage ni sauvetage, sans un seul ennemi vu ou entendu, sans canonnades, sans héroisme, pas de captures, pas de vaillant combats ni d’assauts chevalresques ! ».

Je ne pense pas lire la suite de la triologie maritime de William Golding alors que j’aime cet auteur et sa façon d’écrire. Le peu d’attachement au personnage principal et l’histoire principalement centrée sur la petite société du navire, les influences ou les rangs sociaux auront eu raison de moi. Je conseille toutefois ce livre aux personnes passionnées par la mer et si possible, par le style typique des romans anglais.

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Résumé de l’éditeur (édition Folio) :

Edmund Talbot, jeune aristocrate anglais, vogue vers l’Australie. Tout au long de la traversée, il tient un journal où il raconte, d’une plume alerte et réaliste, les menus incidents du microcosme où évoluent passagers, officiers et équipage : Mr Brocklebank, artiste peintre, et sa « fille » Zenobia, aux mœurs faciles, Miss Granham et Mr Prettiman, couple inattendu, le capitaine Anderson, farouchement attaché à ses prérogatives… En contre-point de ce journal, une lettre du révérend Colley à sa sœur éclaire d’un jour différent les événements et les personnages.
Dans Rites de passage, premier volet de la Trilogie maritime, William Golding choisit de faire vivre son lecteur à bord d’un grand voilier en présentant une vision des êtres et des faits à la fois comique et sévère, frivole et puritaine.

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