Rebecca de Daphné Du Maurier

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L’avis de la Petite Plume :

Une jeune femme fraîchement mariée au veuf Max de Winter arrive dans sa nouvelle et somptueuse demeure, Manderley. Cependant, un sentiment de malaise s’installe immédiatement, la jeune mariée ne se sent pas chez elle et remarque bien vite qu’on lui cache quelque chose sur la belle Rebecca, défunte femme de Max de Winter, disparue en mer. Elle finira par découvrir le lourd secret qui hante Manderley. Comme vous avez pu le lire dans mon bilan du mois de Juillet 2015, Rebecca a été pour moi un véritable coup de cœur, j’irai même jusqu’à dire mon coup de cœur du mois.

J’ai tout d’abord été séduite par l’atmosphère mystérieuse palpable dès le début du roman, on nous parle de Manderley comme de cette demeure quittée dans des conditions inexpliquées, suscitant en nous l’intérêt pour l’histoire de ce domaine. Nous n’apprendrons jamais le prénom de la narratrice, connue sous le pseudonyme de Mrs de Winter, mise en relief évidente avec celle qui la hante et qui fut la charismatique maîtresse de Manderley, Rebecca, car bien qu’étant morte, cette dernière n’aura jamais été aussi présente dans chaque recoin de Manderley et dans le souvenir de ses habitants. La jeune Mrs de Winter ne parviendra pas à trouver sa place de maîtresse dans cette demeure où tout lui rappelle sans cesse celle qui l’a précédée. Convaincue que son mari est toujours amoureux de sa défunte femme, elle frôle les murs, se cache, n’ose pas déranger les domestiques, se sentant elle-même reléguer au rang de domestique, aidée en cela par l’antipathique Mrs Danvers, fidèle au souvenir de Rebecca dont elle fut très proche.

Les paysages sont merveilleusement décrits, nos sens sont sollicités par la couleur flamboyante des fleurs, l’odeur du thé, le froid du salon, le domaine prend véritablement possession de nous. Les détails apportés petit à petit à la description des lieux ne font qu’amplifier notre impression de partager la vie de Manderley.

Daphné Du Maurier nous offre un huit-clos haletant et étouffant, cultivant le suspense, notamment par le biais de la psychologie de la narratrice, au point de nous faire éprouver de la méfiance à chaque instant du livre et envers chacun de ses acteurs. L’auteur a su donner un rythme palpitant à son roman, celui-ci s’ouvrant sur la situation actuelle de la narratrice, qui nous offre ensuite une analepse afin de nous faire découvrir son histoire, pour enfin nous faire vibrer au rythme accéléré des aiguilles de Manderley après la révélation de Max de Winter à sa femme, moment clé de l’intrigue.

J’ai également été séduite par les personnages, car si certains apparaissent tout de suite comme complices ou ennemis de notre narratrice, tous cultivent le mystère autour de Rebecca en ne l’évoquant qu’avec parcimonie. Max de Winter restera pour moi le personnage le plus mystérieux du roman jusqu’à la révélation faite à sa femme, car bien qu’étant le mari de cette conteuse sans nom, l’opacité du personnage ne nous permet de le placer dans aucune des catégories pré-citées, la tension palpable de ses non-dits enrichissant son mystère.

En définitive, ce roman a été pour moi une véritable révélation, un polar réussi au rythme haletant de la première à la dernière ligne, le tout dans le style classique du roman anglais que j’affectionne tant. Je ne peux que le conseiller.

9782253006732-T

Résumé de l’éditeur (Le Livre de Poche) :

« « J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley » : ainsi débute le plus célèbre roman de Daphné du Maurier, qu’Alfred Hitchcock adapta en 1940 et qui n’a rien perdu de son charme vénéneux. Dans une somptueuse propriété de la côte anglaise, qu’hante le souvenir d’une première épouse disparue, une jeune mariée intimidée, un veuf taciturne, une gouvernante vêtue de noir s’observent dans un huis clos étouffant… Entre conte gothique et suspense psychologique, Rebecca entremêle les passions et les haines, les silences et les menaces, avec en bruit de fond le ressac de la mer sur les galets de la crique…»

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20 réflexions sur “Rebecca de Daphné Du Maurier

  1. Je l’ai lu le mois dernier. J’avais lu tellement d’éloges que je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel. J’ai aimé ce roman mais je m’attendais toujours à plus. Ça n’a pas été une déception, mais à la fin je me suis quand même dit « je m’attendais à plus que ça ». Je suis tout de même contente de l’avoir lu et d’avoir découvert la plume de Daphné du Maurier.

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