Les mille et une vies de Billy Milligan de Daniel Keyes

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L’avis de la Petite Plume :

Cette œuvre de Daniel Keyes a attiré mon attention dès la lecture du résumé, j’ai tout de suite été intriguée par l’aspect psychiatrique du protagoniste et je n’ai pas été déçue par ma lecture.

Le roman s’ouvre sur l’arrestation de Billy Milligan à son domicile pour le viol de plusieurs jeunes femmes, les effets personnels de celles-ci ainsi que les armes ayant servies aux crimes sont retrouvés chez l’auteur présumé des viols, les victimes reconnaissent le coupable. Jusqu’ici, nous avons affaire à une histoire qui aurait pu tenir sur quelques pages, mais c’était sans compter sur le profil psychiatrique du jeune homme.

L’œuvre se décline en trois parties, dans la première, on assiste à l’arrestation de Billy Milligan, à la découverte de sa maladie, ainsi qu’à son procès, qui pour la première fois dans l’histoire judiciaire des États-Unis, reconnaîtra un accusé irresponsable de ses crimes à cause du trouble dont il souffre.
Arthur, Ragen, Tommy, Danny, Allen, Adalana, Shawn, voici un petit aperçu de ces personnages avec qui le protagoniste partage son corps et son esprit.
Billy Milligan souffre en effet du trouble de la personnalité multiple, cette dernière se déclinant en 24 personnalités différentes.
Les psychiatres, avocats, gens de loi rencontreront petit à petit ces différentes personnalités, et si certains sont sceptiques quant à la véracité du diagnostic des psychiatres, ils verront leurs convictions mises à rude épreuve après avoir entendu Arthur et son accent anglais ou encore Ragen le yougoslave.
On découvre que ces différentes personnalités ont toutes un rôle spécifique et cultivent chacune un talent particulier, ainsi Arthur étudie la médecine, il est le cerveau de cette « famille » mais ne peut s’exprimer en public à cause de son accent anglais, Allen prend donc sa place pour les discussions, Ragen manie les armes, il est le protecteur et intervient lorsque l’une des personnalités est menacée, Tommy a su cultiver l’art de l’évasion, David est le gardien de la douleur, … chacun de ces personnages prend place sous le projecteur dès que son rôle l’exige.
Cette première partie se referme sur la découverte du Professeur, personnalité dominante de Billy Milligan, qui se souvient de chaque détail de la vie du jeune homme.

La deuxième partie use de l’analepse pour offrir au lecteur la possibilité de découvrir la cause du trouble du protagoniste, mais nous permet également de vivre sa particularité de l’intérieur, sous le projecteur.
Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le suspens aux éventuels lecteurs du livre de Daniel Keyes.

Enfin, la troisième partie nous révélera l’issue finale du procès ainsi que les évolutions psychologiques de Billy..

Ce qui paraît étrange mais qui ressort naturellement à la lecture est la victimisation de Billy Milligan, bien qu’on le sache coupable des différents viols et que la presse s’acharne également contre lui, la combinaison des violences subies dans son enfance ainsi que la compréhension progressive de son trouble nous pousse à vouloir venir en aide au jeune homme bien plus qu’à le condamner.

C’est un livre que j’ai beaucoup apprécié pour l’authenticité d’une histoire que l’on a pourtant du mal à imaginer bien réelle. Le style se veut peu littéraire, mais plus simple et pragmatique, correspondant tout à fait à l’affaire évoquée.
La difficulté résidant dans la compréhension du sujet lui-même, l’auteur a su rendre le roman facile d’accès.

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Résumé de l’éditeur (éditions Le Livre de Poche) :

« Quand la police de l’Ohio arrête l’auteur présumé de trois, voire quatre, viols de jeunes femmes, elle pense que l’affaire est entendue : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernier nie farouchement. Son étrange comportement amène ses avocats commis d’office à demander une expertise psychiatrique. Et c’est ainsi que tout commence…
On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l’on appelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare. Il est tour à tour Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant, Ragen, un Yougoslave brutal d’une force prodigieuse, expert en armes à feu, et bien d’autres. En tout, vingt-quatre personnalités d’âge, de caractère, et même de sexe différents ! »

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