Le Montespan de Jean Teulé

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L’avis de la Petite Plume :

Dans la famille Montespan, je demande le marquis !
Nombreux d’entre nous connaissent la célèbre marquise de Montespan, favorite du Roi Soleil. Par le biais de ce roman, Jean Teulé nous permet de faire plus ample connaissance avec Louis-Henri de Pardaillan, mari bafoué de la célèbre maîtresse royale qui refusera toute sa vie de concevoir l’adultère de sa femme avec le monarque comme un privilège.

J’ai tout de suite été séduite par l’idée d’un roman historique sur l’un des contemporains du célèbre Roi Soleil, craignant toutefois que l’écriture moderne ne convienne pas à mon attachement particulier pour le classique.
Espérant donc retrouver un semblant de style d’une Madame de Lafayette, plus que d’être à la hauteur de mes attentes, Jean Teulé les a surpassées.
La plume aiguisée de l’auteur a su mêler fluidité de l’écriture, beauté des mots et humour grivois dans les scènes les plus banales tout comme dans les scènes les plus loufoques de la vie du marquis de Montespan.

Si au XVIIème siècle, le fait d’offrir sa femme comme maîtresse au flamboyant monarque représentait un honneur et offrait les plus grands privilèges royaux aux courtisans, le marquis de Montespan prend le contre-pied des mœurs de son époque en tentant par tous les moyens de récupérer sa bien-aimée, n’hésitant pas, à de nombreuses reprises, à commettre des crimes de lèse-majesté.

L’auteur débute en nous décrivant le mariage de Françoise de Rochechouart de Mortemart et de Louis-Henri de Pardaillan, mariage heureux qui s’estompera petit à petit, Françoise dite « Athénaïs » ayant besoin d’un niveau de vie élevé, de luxe et d’argent en abondance, ce que son mari ne lui apportera pas, ruiné par ses tentatives d’exploits guerriers dans le but de briller aux yeux du roi.
Athénaïs aura l’opportunité de rétablir la situation financière du couple en devenant l’une des dames d’Honneur de la cour, sa beauté ne laissant aucun homme indifférent, elle ne manquera pas de faire tourner la tête de Louis XIV.
Commence alors la longue descente aux Enfers du marquis qui découvrira l’adultère de sa femme de façon particulièrement brutale. En rentrant de la guerre, il se rendra compte que cette dernière est enceinte, le calcul fut vite fait, il n’était pas le père de l’enfant qu’elle attendait.

Dès ce moment, plusieurs aspects sont ressortis du livre.
Tout d’abord, la marginalisation involontaire du marquis, n’étant pas compris par la société qui l’environne dans son envie de récupérer sa femme, il sera rejeté et malmené de façon violente comme lors de la représentation d’Amphitryon, pièce écrite par Molière et tournant en dérision le comportement et les frasques du « cocu magnifique », dont la plus anecdotique restera sans doute l’ajout des cornes à ses armoiries, ce qui ne manqua pas de susciter ma peine, laissant ressortir un sentiment d’injustice à l’égard de l’homme amoureux.
Ce sentiment d’injustice ne cessera de croître face aux nombreuses accusations faites à l’encontre du plus célèbre des cocus, accusations inventées de toutes pièces pour le faire céder aux offres du monarque. Incorruptible qu’importe le prix, le marquis de Montespan préférera préserver sa dignité en refusant chacune des offres.
On découvre tout au long du roman un homme attachant, fou d’amour, tiraillé entre l’envie de récupérer sa femme et de rendre sa famille heureuse, les aléas de la vie aidant son infortune.
Toutefois, il ne faut pas se méprendre, car bien que le fond donne à plaindre l’homme, le style est des plus comiques, les situations sont drôles, souvent absurdes, l’auteur jongle avec les mots pour nous faire rire dans des situations parfois improbables.

En définitive, un livre qui nous fait voir l’envers du décor d’une époque, nous connaissions la marquise de Montespan, maîtresse du Roi, nous connaissons aujourd’hui un peu mieux le plus célèbre des cocus du XVIIème siècle, de quoi nous faire découvrir un aspect des amours historiques sous un jour nouveau.

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Résumé de l’éditeur (éditions Pocket) :

« Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour ou Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…
Passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Il orna son carrosse de cornes gigantesques, entreprit de mener une guerre impitoyable contre celui qui profanait une union si parfaite, et poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme… »

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9 réflexions sur “Le Montespan de Jean Teulé

  1. J’aime beaucoup Jean Teulé. Je l’ai découvert avec Je, François Villon, et j’avais adoré ce roman. Puis j’ai lu Charly 9 et j’ai ri du début à la fin. On m’avait déjà conseillé Le Montespan, il faudrait que je le trouve pour me lancer dedans.

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