Béton armé de Philippe Rahmy

shandhai

L’avis de la Petite Plume :

Grand amateur de récits de voyage, j’ai été intrigué par ce livre dès la première prise en main. J’ai l’habitude des pérégrinations dans la nature, à travers le monde, de suivre le mouvement d’un auteur-baroudeur à l’image d’un Sylvain Tesson ou de Nicolas Vanier, mais je ne m’étais jamais réellement intéressé à un récit décrivant une mégalopole.

Curieux de nature, j’ai donc tenté l’expérience avec quelques retenues dans la mesure où j’exècre les grandes villes. Je m’attendais à de multiples réflexions sur la modernité, sur la perversion des grandes villes et tout ce que cela entraîne. Je crois plutôt que c’est ce que j’aurais aimé retrouver.

Ici, il est davantage question d’un des premiers voyages de l’auteur, qui, atteint d’une maladie fortement contraignante, a favorisé les voyages chez lui, à travers les récits, plutôt que par sa propre personne.

On retrouve assez rapidement cet aspect de « découverte » dans ce récit. L’auteur, émerveillé, découvre Shanghai comme un enfant dans un centre commercial une veille de Noël. Il passe du temps à nous relater la sensation de grandeur, de masse en utilisant toute la palette des synonymes liés à l’immensité. C’est un regard neuf d’une personne n’ayant pas l’habitude de découvrir de nouveaux environnements.

Le style d’écriture est soutenu et Philippe Rahmy possède, à n’en pas douter, une très belle plume. Les phrases courtes sont réservées aux descriptions des nombreuses scènes de rue et de vie tandis que les phrases longues sont davantage dédiées à ses réflexions sur son voyage et sur ses différents ressentis.

Toutefois, ce récit de voyage assez court, moins de deux cents pages, m’a laissé quelque peu sur ma faim. Il m’a manqué des phases plus importantes de réflexions sur le vécu de l’auteur. Celles-ci existent mais restent en retrait en comparaison de la description de ce qui l’entourait. Ce qui me plaît dans les compte-rendus de voyage, c’est tout ce que les découvertes provoquent chez un auteur et que j’ai un peu de mal à retrouver de manière développée ici-même.

C’est donc un peu déçu que je referme ce livre, ayant une sensation d’inachevé. Cela est fortement lié à mes propres désirs à l’égard des récits de voyage. Nul doute que ce livre pourra plaire à d’autres personnes appréciant davantage la description et l’immersion dans un environnement particulièrement bien décrit ici.

Note de l’éditeur (édition Folio) :

« Me voici à Shanghai. Une valse lente s’engage entre ce géant et moi. Tout se passe comme si nous étions coulé dans le même moule, un grand vide dans une enveloppe de béton armé. Il existe peut-être un lieu qui détruit le histoires. Il existe surtout des histoires qui choisissent d’investir les lieux les plus improbables ».

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