Au bonheur des Dames – Emile Zola

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L’avis de la Petite Plume :

Pour ma part, ce roman a été une véritable révélation, je n’avais qu’une envie à partir du moment où je l’ai entamé, en poursuivre sans cesse la lecture !

Tout d’abord, j’aime le côté « roman historique » du livre, en effet, en grand observateur, Zola s’est servi de ses expériences sur le terrain mais également de la réalité économique et historique de son temps, faisant ainsi coïncider la poétique romanesque à l’Histoire.
On assiste avec ce roman à l’avènement des grands magasins, à la montée en puissance du capitalisme faisant naître une véritable société de consommation et entraînant malheureusement mais nécessairement la déchéance des petits commerces.
Zola se sert de figures emblématiques telles que le baron Haussmann, Préfet de la Seine de 1853 à 1870, que l’on retrouve derrière les traits du personnage du baron Hartmann dans le roman, Aristide Boucicaut, fondateur du Bon marché, ainsi que sa femme qui a œuvré pour l’amélioration des conditions de travail des employés, notamment par un encadrement juridique plus important, qui ont sans doute inspiré les personnages d’Octave Mouret et de Denise Baudu.

Le côté moderne est à souligner à plusieurs égards, tout d’abord, la modernité qui ressort du livre, à savoir, comme précisé plus haut, la naissance des grands magasins et de la société de consommation.
Mais la modernité du roman se trouve également dans les prémices de l’émancipation de la femme, une femme qui trouve une existence propre en dehors de sa famille dans ce temple qui lui est dédié, qui se voit octroyer un budget en dehors du budget familial, pouvant, de ce fait, sortir sans être accompagnée de son mari.
A cette époque, l’une des seules sorties solitaires de la femme se trouvait être l’église, ce qui pourrait expliquer la métaphore filée du « Bonheur des dames » avec ce lieu de culte que l’on retrouve tout au long du roman ; par ce procédé, l’auteur fait d’autant plus ressortir ce renouveau social.
A travers le regard intérieur mais reculé de Denise qui débarque de Valognes pour être plongée dans la vie Parisienne, on assiste à toutes les étapes de son ascension, permettant ainsi à l’auteur de dépeindre aussi bien la difficulté de se faire une place parmi les vendeurs du « Bonheur des dames », que celle de vivre de cette situation, pour la plupart, assez précaire, mais également la facilité avec laquelle les employés sont renvoyés de la grande enseigne.
En outre, la jeune femme nous permet d’avoir un lien étroit avec les petits commerçants de par sa promiscuité avec son oncle, propriétaire du vieil Elbeuf, acteur et témoin de la descente aux Enfers de ces derniers.

Du reste, un des meilleurs romans de Zola d’après moi, les descriptions y sont nombreuses et détaillées, témoignant du travail effectué par l’auteur en amont pour décrire cette véritable « machine » comme il aime à la qualifier, qui ne cesse de croître à une vitesse fulgurante grâce aux stratégies de son brillant fondateur.

Le petit plus de l’édition (édition les classiques de poche – Le Livre de Poche) :
En tant qu’adepte des explications détaillées sur les œuvres que je lis, j’ai été séduite par la préface complète et didactique, donnant des axes de réflexion intéressants pour la lecture du roman, mais également par les références explicatives tout au long du livre.

Résumé de l’éditeur :
« Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie. »

9782253002864-T

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14 réflexions sur “Au bonheur des Dames – Emile Zola

      1. De rien !
        Je partage totalement votre avis, l’Assommoir est également de mon point de vue à la tête de l’ensemble ses œuvres. Roman particulièrement méticuleux est étant l’issue d’un fabuleux travail de recherches.

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  1. J’ai aussi découvert Zola par l’Assommoir, et ai lu ensuite Le bonheur des dames. Et d’ailleurs je lis en ce moment Son Excellence Eugène Rougon. J’aime beaucoup Zola, pour les mêmes raisons que toi : ses descriptions méticuleuses de la société et de ses travers. Il s’intéresse également aux individus et sonde l’âme humaine. C’est passionnant, on suit les aventures des personnages en se demandant ce qui va leur arriver, tout en plongeant dans la société du Second Empire.

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